Dès le Moyen-Age et plus précisément à l’époque de Louis VI le Gros, une forme de commerce s’est développée. De grands marchés périodiques qui étaient des rendez-vous de plaisir autant que des rendez-vous d’affaires se sont multipliés dans les principales villes et notamment dans la capitale. Ainsi sont nées les foires, à l’occasion desquelles Paris attirait déjà les commerçants de Province et leurs spécialités régionales. 

Intéressons-nous à l’une d’entre elles. 

Nous sommes au XIIIe siècle. Cette foire appelée Foire aux Porcs, comme beaucoup d’autres, s’installe durant la Semaine Sainte dans le quartier Notre-Dame. Vers le milieu du XVe siècle, elle devint la Foire aux Lards et se fixa sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Elle fut de nouveau déplacée vers deux ou trois autres lieux avant de subir une interruption sous la Révolution. Un décret lui redonna vie au début de l’Empire. Elle se posa sur l’Ile de la Cité pour s’appeler Foire aux Jambons.

En 1840, sous Louis-Philippe, la diversité des produits proposés permit de présenter de vielles fripes, de vieilles ferrailles et tout objet de bric et de broc.

Puis, sous le règne de Napoléon III, en 1869, c’est un arrêté de police qui implanta ce marché, appelé Foire à la Ferraille et aux Jambons, sur le boulevard Richard-Lenoir. D’anciens marchands en gardent un souvenir ému.

La Préfecture de Police a géré cette manifestation durant un siècle. 

C’est en 1969 que le Préfet décidait d’en abandonner l’organisation en raison d’un trop grand encombrement parisien, principalement entre les places de la République et de la Nation.

Le SNCAO, sous l’autorité de Pierre Daveau, Président d’alors, décida énergiquement de s’attribuer la paternité de cette foire. Les circonstances contraignirent nos repreneurs à faire une courte étape, la même année, aux anciennes Halles de Paris. C’est le temps qui fut nécessaire pour faire aboutir de subtiles négociations avec la municipalité de Chatou. 

C’est ainsi qu’en 1970 et après huit siècles d’histoire et d’itinérance parisienne, la Foire Nationale à la Brocante et aux Jambons semble enfin avoir trouvé un cadre qui lui convienne en s’implantant sur l’Ile des Impressionnistes. 

Notre évènement bi-annuel ne pouvait faire mieux que de s’arrimer dans ce triptyque dont il est une des composantes :

  • Le Syndicat des antiquaires, des brocanteurs et des galeries d’art le plus important en France, qui a toujours su imprimer à sa foire un style et un sérieux en l’élevant quasiment au rang d’une institution.
  • La seule manifestation française qui soit riche d’un tel passé et auréolée de tant d’histoires.
  • Puis, troisième volet du triptyque, ce lieu mythique où Renoir, Manet, Caillebotte, sont venus exprimer leur génie dans une ambiance de guinguette.

En fêtant en mars dernier la 80e édition, le SNCAO-GA entendait ainsi exprimer avec tous ses exposants l’importance qu’il accorde à sa manifestation ainsi qu’aux avantages dont chacun peut, à sa façon, continuer de tirer profit. 

Au cours de nos 40 années catoviennes, nous avons loué 40.000 stands. 

Les marchands qui affichent à ce jour 80 présences consécutives (il y en a, nous venons d’en médailler une dizaine) ont la certitude d’avoir exposé sur l’Ile durant quarante années consécutives. Ces professionnels fidèles et opiniâtres ont ainsi pu accueillir 4 millions de visiteurs. 

Voilà de nombreuses et bonnes raisons qui ont conduit la municipalité de Chatou et le SNCAO-GA à souligner la confiance et l’amitié qui les lient, auxquelles nous sommes tous très attachés et nous l’espérons pour longtemps encore. 

 

Michel GOMEZ

Président du SNCAO-GA 

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