Au début des années 2000, la commission des finances du Sénat s’était interrogée sur les causes du déclin du marché de l’art en France.

Un état des lieux statistique et psychologique nous conduit à constater la grande différence « morale » entre le marché de l’art ancien plutôt confiant à la fin des années 90 et celui de l’art contemporain et la situation actuelle qui s’est totalement inversée.

De nombreux facteurs économiques, structurels et fiscaux influent dans la situation du marché de l’art en France.

Le marché de l’art ancien a été longtemps perçu comme un marché porteur, même si chaque opérateur, tout en ayant le sentiment d’être compétitif, se considérait cependant entravé par une fiscalité paralysante.

Des rapports statistiques émanant de Bruxelles nous confirment que les ventes aux enchères constituent une fraction réduite du marché de l’art comparé au négoce, même s’il en est devenu la partie la plus visible, parce que la plus médiatisée. Car il est vrai que la totalité des œuvres de qualité internationale passe par les maisons de vente aux enchères.

Le rapport des forces a changé. Au cours des 30 dernières années, la plus importante part des œuvres du marché étaient en possession des marchands, aujourd’hui les S.V.V. sont en position dominante et dans certains cas écrasante.

Les maisons de ventes ont su imposer, à peu de risque financier, une image d’efficacité et de professionnalisme qui séduit une nouvelle race de clientèle persuadée que les ventes aux enchères reflètent le juste prix de l’œuvre.

Dans le même temps, les marchands se trouvent souvent en train d’enchérir contre un collectionneur qu’ils avaient encore hier comme client.

Subsiste-t-il quelques atouts pour le marchand ?

Oui ! si l’on considère que les foires et les salons, au-delà de leur multiplicité excessive, offrent une diversité appréciée du grand public.

Oui ! Si l’on considère que le visiteur n’entend pas se laisser détourner du charme discret de la chine et du fascinant espoir de la découverte.

La France « grenier de l’Europe » est un pays de tradition, de curiosité qui, pour des causes historiques, trouve des raisons de sa diversité culturelle à travers les brassages des périodes révolutionnaires et des divisions de patrimoine.

Notre pays est probablement plus que tout autre, en raison des nombreux créateurs qui ont accompagné les siècles, une terre de découvertes, de surprises et d’émerveillement qui font de notre marché de l’art le plus excitant pour les professionnels et le plus attrayant pour les amateurs.

Cher(e)s Consoeurs et Confrères, nous vous adressons, le Conseil d’Administration et moi-même, tous nos vœux de bonheur et de réussite pour l’année 2007.

Michel GOMEZ

Président du SNCAO

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