Compte-rendu des Etats Généraux de l’Antiquité – Mercredi 25 avril 2007

Le Président du Syndicat National du Commerce de l’Antiquité et de l’Occasion, Michel Gomez, accueille à 9 heures du matin, dans la salle du Conseil de la Mairie du 9ème arrondissement de Paris, les invités aux « Etats-Généraux de l’Antiquité ».

Plus d’une centaine de personnes sont présentes, de nombreux organisateurs, des directeurs de parc-expositions, des commissaires priseurs, des experts, des représentants d’autres organisations professionnelles (Slam, Unab), des professionnels, notamment les membres du Conseil d’Administration du Sncao au complet et plus d’une trentaine de présidents départementaux du Sncao.

Le Président Gomez décrit le programme de la journée. La matinée est consacrée à trois tables rondes dont l’une se tient dans la salle du Conseil de la Mairie, les deux autres tables rondes devant se tenir dans les locaux de l’Ecole EAC situés à proximité de la Mairie.

Tous les membres du Conseil d’Administration du SNCAO se sont répartis sur les trois tables rondes.

La Table Ronde N°1 se consacre au thème « L’Evolution du Marché ».

Elle est composée de : Mme Armelle Baron, Expert, Présidente de la Confédération Européenne des Experts d’Art, M. Gérard Champin, fondateur et ancien Président du Conseil des Ventes Volontaires de meubles aux enchères Publiques, M. Antoine Cuesta, Organisateur (Montpellier), Mme Margeridon, Organisatrice (Longchamp), M. Jean Claude Péries, Président Départemental Sncao du Tarn et Garonne, M.Valleise, Organisateur (Reims), Mme Annette Vinchon Expert, Présidente de la Chambre Européenne des Experts d’Art, Maître Cornette de Saint-Cyr, Commissaire Priseur, M. Jean-Denis Morat, Vice-Président du Sncao, et Rapporteur de la Table Ronde 1.

La Table Ronde N° 2 traite du thème « les Foires et Salons aujourd’hui : constat ».

Elle est composée de : M. Jacques André, administrateur du Sncao, M. Asseline, Organisateur (Rouen), M. Alain Bernard, Président de l’Unab (Lyon), M. Debois-Frogé, Expert, M. Claude Demouzon, Expert, M. Frank Erikson, Membre-Correspondant du Sncao pour les Alpes-Maritimes, Mme Marilyse Etienne-Sarrau, administratrice du Sncao, M. Joël Garcia, Organisateur (Foire de La Bastille) et M. Bertrand Irrigaray, Trésorier Général du Sncao et rapporteur de cette deuxième Table Ronde.

La Table Ronde N°3 travaille sur le thème « Proposition pour l’organisation du Marché face aux nouveaux enjeux ».

Elle est composée de : M. Frédéric Castaing, Président du SLAM (Syndicat de la Librairie Ancienne et Moderne), Mme Claude Jary, Organisateur (Toulouse) et sa fille Melle Marie-Catherine Jary, M. Patrick Lequesne, Organisateur (Port de Lanne), M. Métais Expert, Mme Marie-Laure Perrin, Chargée de la Licence Professionnelle ‘ »Antiquaire-Brocanteur » à l’Université de Marne la Vallée, Maître Hervé Poulain, Commissaire-Priseur, M. Paul Fragne Organisateur (Angoulême) et Président de La Fnepsa, M. Jacques Dubourg, Vice-Président du Sncao et Rapporteur de cette dernière Table Ronde.

Après avoir annoncé et brièvement commenté le programme de chaque Table Ronde, le Président Michel Gomez invite les membres des Tables Rondes à rejoindre les locaux qui leur ont été réservés. Les invités qui ne figurent pas parmi les intervenants cités ci-dessus sont invités également à choisir, suivant leur préférence, la Table Ronde de leur choix où ils pourront participer aux débats.

Les Tables Rondes se réunissent jusqu’à 12h15. Un repas buffet au restaurant Le Brébant réunit ensuite tous les participants qui se retrouvent tous à 14 heures dans la Salle du Conseil de la Mairie du 9è arrondissement de Paris pour le rapport des Tables Rondes et les débats.

Rapports des Tables Rondes et Débats

Les débats sont animés par M. Christian Boner, journaliste de la Rédaction d’Europel.

D’autres journalistes de la presse professionnelle participent aux débats : M. Van Moore (Antiquités-Brocante), Mme Josselin (Le Chineur), M. Cagnolati et Mme Sebaya (Aladin), M. Livet (Antiquités-Info).

M. Boner observe que les débats de ce matin ont été très intenses et indique que les trois rapporteurs des Tables Rondes vont présenter la synthèse de ces débats et des propositions qui ont été faites.

Le Président Gomez qui a fait le tour ce matin des trois Tables Rondes confirme que les débats ont été en effet animés au sein de ces tables. Il doit forcément ressortir de tout cela des éléments très positifs.

L’axe central c’est celui des rapports particuliers entre organisateurs et professionnels qui devront évoluer pour trouver une forme donnant satisfaction à tout le monde.

Rapport Table Ronde N° 1

Le Rapporteur de la 1ère Table Ronde consacrée à l’Evolution du Marché, Jean-Denis Morat indique que les réflexions ont concerné le commencement c’est-à-dire sur ce qui se passe à l’école et dans le secondaire où il n’y a pas assez d’enseignement d’histoire de l’art. Il est donc souhaité qu’il y ait une formation dans le secondaire consacrée à l’histoire de l’art.

La gratuité d’entrée dans les Musées a aussi été abordée dans le souci également de favoriser la formation.

M. Valleise (Organisateur) sur le sujet de la formation sur l’art à l’école considère que c’est un problème majeur car il s’agit de notre clientèle de demain.

Il y a un manque pour les jeunes aujourd’hui de formation en ce qui concerne l’art. Le Syndicat peut jouer un rôle pour sensibiliser les prochaines nouvelles autorités à ce problème.

M. Hassler pense nécessaire de favoriser les visites d’écoliers dans les musées.

Pour M. Morat il faut aussi voir les points positifs. Avec l’Université de Marne la Vallée le Sncao a déjà obtenu un diplôme officiel dans l’enseignement supérieur et il serait bon d’obtenir également quelque chose au niveau d’un CAP. Cela est concrètement réalisable.

Mme Jary indique qu’à Toulouse cela fait des années que des visites d’écoliers sont organisées sur le Salon de Toulouse. Tous les lycées toulousains, tous les lycées professionnels, les écoles d’ébénisterie viennent visiter le Salon. Cela pourrait se généraliser à tous les salons car il suffit de contacter les écoles qui sont toujours ravies d’amener leurs enfants visiter des salons.

Mme Margeridon parle des salons d’antiquaires qu’elle organise deux fois par an sur l’hippodrome de Longchamp où elle reçoit souvent des visites des élèves des écoles privées et publiques de Paris Elle invite les organisateurs présents à faire de même, cela pourrait inciter le Ministère de la Culture à incorporer un peu plus cela dans le cadre scolaire car cela marche très bien.

M. Gomez rappelle que le Sncao est engagé de façon active dans la voie de la formation avec la licence professionnelle antiquaire-brocanteur, fruit d’un partenariat engagé entre le Sncao et l’Université de Marne la Vallée représentée par Mme Marie-Laure Perrin qui assiste à nos débats.

Cela fait également six ans que le Sncao est également engagé sur le dossier de création d’un diplôme de CAP antiquaire-brocanteur.

Une Commission a été constituée avec des représentants de l’Education Nationale pour monter ce dossier qui a reçu l’accord de l’Education Nationale mais qui est toujours en attente de réalisation, après avoir subi quelque retard et devrait sortir prochainement.

Ce diplôme devra dans un premier temps être proposé puis enfin imposé aux jeunes qui voudront s’établir sur le marché de l’art. Cela représentera un pas important de franchi et voudra dire que ce que nous recherchons en terme de formation au niveau des jeunes et de tous ceux qui veulent s’initier à notre métier sera officialisé au travers de ce diplôme.

En ce qui concerne l’évolution des goûts il a été jugé nécessaire de dépasser la querelle des anciens et des modernes et de s’adapter aux nouvelles tendances sur les manifestations donc faire davantage de place au mélange d’ancien et de moderne.

Il a été ensuite traité de l’organisation de concours pour les jeunes, de la possibilité pour les antiquaires de participer à des salons tels que celui de l’Habitat.

A été évoquée la nécessité pour les organisateurs de prévoir des quota d’exposants, un nombre excessif d’exposants pouvant nuire à la rentabilité de la manifestation elle-même et aux exposants.

Une autre réflexion a concerné la protection du mot  » Brocante  » qui devrait faire l’objet d’une appellation contrôlée de façon à ce que l’on ne trouve plus dénommées sous ce terme des manifestations ouvertes aux exposants particuliers. De même pour les Galeries d’Art nous avons demandé de concert avec les syndicats d’artistes que soit réservée aux galeries régulièrement déclarées l’appellation « Galerie d’Art ».

M. Hassler indique que la question de la protection du terme  » Brocante  » a également été traitée au sein de l’autre Table Ronde à laquelle il a assisté. Cette protection lui paraît impérative.

A été également demandée une réduction de la Tva sur les œuvres d’art et notamment de la Tva à l’importation qui pénalise les œuvres d’art.

Ces demandes ont été directement adressées aux ministères de tutelle.

Il serait judicieux, pense M. Morat de classer à part dans la synthèse qui sera faite de ces réflexions, les questions pour lesquelles nous pouvons apporter nous-mêmes une solution et celles pour lesquelles les réponses dépendent uniquement des pouvoirs publics.

Les participants de la table ronde ont pensé nécessaire de favoriser le renouvellement des effectifs de la profession en prévoyant une exonération de charges au bénéfice des jeunes créateurs durant les premières années d’exploitation d’un commerce.

Mme Etienne Sarrau estime que cela permettrait aux jeunes d’éviter la tentation du travail au noir et de voir si ils sont faits pour ce métier.

M. Morat suggère pour aider les jeunes à s’installer de prévoir en leur faveur une aide au crédit et d’autres mesures comme l’entrée gratuite sur les foires et salons.

En ce qui concerne Internet les membres de la Table Ronde ont réclamé une égalité de traitement devant la loi pour tout ce qui concerne le e.commerce.

Un autre domaine de réflexion a concerné le souci de préserver l’image de la profession. Il a été rappelé qu’une Charte de Qualité existait dans le cadre du Comité d’Ethique des organisateurs créé par le SNCAO dont l’objectif est d’évacuer les « moutons noirs » et de redonner confiance au consommateur.

Il a été jugé nécessaire d’intervenir pour inciter la presse et les journalistes à incorporer dans leurs articles qui ne traitent souvent plus que de décoration tout ce qui concerne l’antiquité classique.

A été de même perçue la nécessité de développer le relationnel avec les pays émergents par l’intermédiaire des CCI.

A enfin été émise l’idée d’une journée nationale ou même d’une semaine nationale de l’antiquité, de la brocante et de l’art contemporain qui pourrait être une grande manifestation festive de l’Antiquité et de l’Art.

Pour M. Morat il faudrait faire de cette journée une grande fête du marché de l’art dans laquelle on incorporerait aussi bien le livre ancien que les tableaux, la sculpture, l’antiquité d’une façon générale et la brocante. Il faut que ce soit une journée ouverte et aussi, pourquoi pas, une journée d’expertises gratuites, par exemple.

Melle Bachellier (Sncao Jura) intervient sur la question qui lui paraît fort intéressante à savoir la Journée de l’Antiquité. Notre métier a en effet besoin de retrouver une crédibilité et un certain lustre qu’il a perdu. D’autre part les antiquaires concourent très largement à la protection et au développement du patrimoine. On pourrait donc organiser cette journée de l’Antiquité en même temps que les Journées du Patrimoine qui sont un événement national.

Melle Bachellier pense que cette journée doit être à l’initiative du Syndicat National. Il ne faut pas en faire une journée marchande, mais une journée portes ouvertes de l’Antiquité et de l’Art. Ce sera un moment culturel.

M. Morat pense qu’on peut donc retenir cette idée d’une journée nationale de promotion dont on souhaite qu’elle soit ouverte à tous les professionnels du marché de l’art et dont on précisera par la suite les modalités.

M. Lequesne (Organisateur) revient sur la question de la Tva minorée sur les œuvres d’art. Pourquoi ne pas la demander aussi pour l’antiquité et la brocante ? Etant donné que tous ces objets ont déjà payé ou ont déjà eu un aboutissement avec la Tva au taux normal.

M. Boner évoque les restaurateurs qui ont eu beaucoup de mal à obtenir la Tva au taux réduit.

M. Gomez observe que dans la mesure où l’on demande déjà la disparition de la Tva à l’importation il n’est peut-être pas évident de réclamer également une réduction de la Tva en interne.

Maître Champin rappelle que la Tva en interne se calcule sur la marge. Si on a une marge de 10 % sur un objet on applique 19.6 à 10 % ce qui revient à 1,9 sur le prix total. Il s’agit en fait d’une Tva résiduelle qui n’a rien à voir avec la Tva à l’importation qui s’applique sur le prix total de l’objet et qui n’est pas récupérable.

Françoise Schmitt (Directrice de l’école IESA) trouve astucieuse l’idée d’une journée de l’Antiquité, de la Brocante et de la création contemporaine en liaison avec les journées du patrimoine. Ce genre d’initiative existe déjà avec l’exemple d’Alain Berger qui remeuble des lieux culturels patrimoniaux et vend à la fin de la journée les meubles qui ont été présentés, en faisant venir un public qui sera l’acquéreur.

Tous les talents qui sont réunis dans cette salle de la mairie du 9ème arrondissement peuvent certainement se fédérer pour structurer une journée qui créerait l’événement.

Mme Vinchon-Guyonnet (Présidente de la Confédération Européenne des Experts d’Art) aborde ensuite le problème d’Internet et des particuliers qui sous couvert de pseudos se livrent à de nombreuses transactions sur Internet sans faire aucunement face aux obligations et charges des professionnels.

Les membres de la Table Ronde demandent qu’une égalité de traitement devant la loi soit garantie vis-à-vis de tous ceux qui interviennent sur Internet et qui doivent respecter les mêmes obligations que celles qui incombent aux professionnels c’est-à-dire tenir un livre de police, et payer les taxes et impôts.

Pour M. Gomez l’évolution du marché prend en compte une multitude de paramètres dont certains peuvent nous être favorables, d’autres non. Si Internet peut être un moyen technique de booster d’une certaine façon le marché de l’art, il est en même temps le vecteur d’une fraude considérable qui déstabilise et nuit à notre marché, si bien que l’on peut se demander si globalement le bilan n’est pas négatif.

Certains responsables ont fini par reconnaître la carence de l’Etat vis-à-vis de ce problème du paracommercialisme sur Internet.

M. Christian Boner résume les propositions faites par la première Table Ronde :

– une journée nationale de l’antiquité et de la brocante.

– assurer une égalité de traitement devant la loi pour tous les opérateurs sur Internet.

– développer les actions de formation pour les jeunes.

– obtenir la disparition des distorsions fiscales au niveau européen et international.

– la protection du mot  » Brocante « .

M. Christian Boner donne ensuite la parole à M. Bertrand Irrigaray, Rapporteur de la Table Ronde N° 2, dont le thème était « Les Foires et Salons aujourd’hui : Constat ».

Rapport de la Table Ronde N° 2

M. Irrigaray donne en préliminaire quelques chiffres sur la profession : les effectifs sont évalués à 15 000 professionnels environ dont 59 % participeraient à au moins trois manifestations, foires et salons et 85 % à au moins une manifestation. Ces chiffres ont pu faire l’objet de contestations au sein de la Table Ronde et nécessitent d’être vérifiés.

Le discours du professionnel s’oriente souvent vers le sujet des vide-greniers qui a été abordé.

Il a été dit que les vide-greniers étaient en évolution par rapport aux foires de professionnels.

Il a été estimé qu’il y avait nécessité de lutter tous ensemble, organisateurs et professionnels contre ces foires mixtes et qu’il y avait également nécessité d’informer les professionnels sur les risques qu’il y avait à acheter sur les vide-greniers.

La protection du terme de  » brocanteur  » est apparue indispensable. Le brocanteur est un professionnel et le mot  » brocante  » ne peut en aucune façon être assimilé aux vide-greniers.

La question du registre des organisateurs a fait ressortir la nécessité de faire appliquer la réglementation et notamment les textes du Code Pénal qui la concernent.

La présence d’experts sur les foires et salons a été estimée indispensable afin de favoriser l’éradication des copies. Un débat pourra s’ouvrir sur ce sujet.

Il y a une crise de confiance qui nuit aux manifestations.

C’est pour cela que l’action de chacun est indispensable et la présence du Label du Sncao indispensable.

Plusieurs questions sont posées :

Qui est le mieux placé pour organiser une foire ou un salon ?

Comment, pour un organisateur, choisir les exposants ?

Éviter de boucher les trous avec n’importe quel exposant. Les faux et les copies dans les foires et salons.

Les problèmes posés par la présence d’une certaine catégorie socio professionnelle ont été évoqués.

Comment empêcher les loueurs de m2 dans les foires de laisser exposer des commerçants qui n’ont rien à voir avec notre métier, par exemple sur certains marchés les revendeurs de masques africains neufs.

Le prix des stands. Il dépend de la fonction et de la qualité de l’organisation. Les Foires syndicales sont moins chères car l’impératif principal de leur organisateur n’est pas la rentabilité mais la réussite de l’exposant.

Il a été observé que bien souvent les tarifs des Parcs-Expositions étaient très élevés.

La fréquentation dans les foires : aujourd’hui nous avons moins d’exposants mais aussi beaucoup moins de visiteurs. La question se pose de savoir pourquoi et si nous avons des réponses.

Les manifestations qui fonctionnent bien sont celles où les acheteurs ont été mis en confiance, quand des garanties de qualité et d’authenticité ont été données. Celles-ci peuvent éventuellement prévoir le remboursement dans un délai raisonnable après la foire des clients déçus par leurs achats.

Le constat a été fait d’un grand déficit d’image recouvrant spécialement le moyen marché, celui qui nous concerne le plus et qui souffre aussi le plus. Le marché de haut niveau fonctionne lui très bien et de l’autre côté celui des vide-greniers très bien également.

Le problème du trop grand nombre de manifestations et des chevauchements entre ces dernières qui sont parfois proches géographiquement, la difficulté d’obtenir des modifications de dates est également préoccupant. Le Comité d’Ethique des organisateurs avait été justement créé par le Sncao pour traiter ce genre de question.

Il a été reconnu par ailleurs que la prépondérance des manifestations les plus anciennes, qui sont devenues institutionnelles en quelque sorte, devrait être reconnue.

Il a été également parlé du prix d’entrée dans les foires et salons et de la gratuité éventuelle de ces entrées.

M. Irrigaray propose ensuite de commencer les débats sur le rapport de la deuxième Table Ronde qu’il vient de présenter.

M. Hassler parle du Label qui est décerné par le SNCAO à quatre catégories de manifestations : Prestige, Salon d’antiquaires, Foire à la Brocante, Déballage Professionnel.

Mme Etienne, responsable du Label du Sncao, observe que l’on ne peut imposer aux organisateurs des catégories Brocante et Déballages Professionnels l’obligation de prendre des experts sur leurs manifestations, bien qu’en fait certains organisateurs disposent effectivement d’experts sur des manifestations de ces catégories.

Les organisateurs qui reçoivent le Label signent une charte et donc s’engagent à respecter une certaine déontologie.

Par ailleurs les dispositions du Label prévoient que les exposants de ces catégories doivent signer un règlement lu et approuvé.

Nous avons un expert qui visite les manifestations labellisées et contrôle l’application des critères du Label. En cas de présence de copies, le Label est alors retiré.

Mme Vinchon-Guyonnet, Présidente de la Chambre Européenne des Experts d’art et des experts judiciaires en œuvres d’art, considère qu’un expert est avant tout un spécialiste. Pour être vraiment crédible il faut prévoir sur un salon plusieurs experts spécialistes, un expert généraliste ne peut suffire.

M. Morat observe qu’il y a aussi des impératifs économiques qui existent. Quand une petite manifestation compte trente exposants et ne peut engager plusieurs experts il vaut mieux qu’il y ait un généraliste qui fera sortir les choses les plus flagrantes que rien du tout.

Pour M. Gomez il est évident qu’il faut tenir compte du niveau de la manifestation et que les exigences ne seront pas les mêmes pour un salon de prestige que pour une Foire de brocante.

Cela dit les choses sont évolutives et on essaie toujours d’améliorer ce qui a été mis en place.

Mme Etienne pense qu’il y a une confusion entre l’expert du Label qui se déplace pour vérifier si une manifestation peut recevoir le label et les experts de la manifestation car nous avons des salons qui ont trois ou quatre experts.

M. Asseline (Organisateur-Rouen) pense que la création de ce Label, même si ce dernier peut encore être amélioré, est une excellente initiative, car il vise à restaurer la confiance du public et de la clientèle, mais ce qui manque encore c’est la communication auprès du public de l’existence du Label et de sa signification.

On dit que les organisateurs et les parcs-expositions sont très chers. Mais de leur point de vue, pour l’instant, ils ont l’impression d’être sollicités pour un label payant sans en retirer beaucoup de retombées. Il serait donc nécessaire de développer la communication autour de ce Label, dans la presse spécialisée, dans les revues de décoration, etc. et de souligner que les organisateurs labellisés sélectionnent leurs exposants, cela aussi pour souligner la différenciation avec les manifestations de qualité médiocre ou de particuliers.

M. Lechêne (Président départemental du Sncao pour Paris) remarque que le Label ne s’adresse pas seulement au public mais aussi aux professionnels qui désirent exposer dans des manifestations sérieuses et qui peuvent alors se déplacer en toute confiance.

Pour M. Morat le Label concerne tout le monde, le public et les professionnels eux-mêmes.

M. Christian Boner propose de passer à l’examen de la question : Qui est le mieux placé pour organiser une manifestation ?

M. Lequesne (Organisateur – Port de Lanne) estime que ce doit être un organisateur professionnel compétent ou encore un collectif de professionnels qui se réunissent dans ce but et qui sont les mieux placés pour ce faire. C’est comme cela que pour sa part il est devenu organisateur, étant antiquaire au départ et s’étant associé avec d’autres marchands pour créer sa propre structure.

M. Irrigaray pense que M. Lequesne est allé dans le bon sens en réduisant le nombre de foires organisées qui était trop élevé au départ dans son département, en maintenant celles qui étaient les plus rentables pour les professionnels et en améliorant les foires existantes qui sont remarquables, car elles ne tiennent pas seulement compte de l’exigence de profit de l’organisateur mais aussi de l’intérêt de l’exposant. M. Irrigaray estime que cela peut être cité en exemple.

M. Christian Boner propose de traiter la question de la gratuité des entrées.

Un organisateur indique que sur le fonds il est d’accord, la gratuité des entrées entraînerait certainement un succès de curiosité et une affluence considérables mais pour financer sa manifestation il sera alors obligé d’augmenter sensiblement le prix de location des stands…

M. Lassale, nouveau Diplômé de la Licence Professionnelle de Marne la Vallée et en phase de création de son commerce d’antiquités, se dit rebuté par le prix des entrées sur les manifestations d’antiquité, souvent 20 € pour deux personnes. Le principe de payer pour acheter ensuite le choque un peu. Il y a des gens qui hésitent à payer ce prix.

M. Garcia décrit l’évolution pour sa manifestation : en 1980, 40 000 entrées payantes et 5 000 invitations gratuites. Aujourd’hui, 12 000 payantes et 40 000 gratuites. Cela fait plus d’entrées qu’avant.

Mme Etienne (Sncao) estime que nos salons valent bien une place de cinéma et pour elle il n’y a donc pas de raison d’instaurer une obligation de gratuité.

Mme Margeridon qui est fille d’antiquaire et qui organise plusieurs manifestations de différentes catégories, celle de prestige de Longchamp et la Brocante du Parc des Princes décrit les rapports qu’elle entretient avec les marchands qui participent à ses manifestations depuis vingt quatre ans et dont elle connaît bien les souhaits. Elle estime que les marchands qui ont souvent tendance à se plaindre peuvent très bien bouder les manifestations qui ne leur conviennent pas. En matière de tarif de location des emplacements elle est la plus chère sur Paris pour le prestige et aussi une des plus raisonnables pour la brocante.

En ce qui concerne la gratuité des entrées, Mme Margeridon pratique la gratuité des entrées à la Brocante du Parc des Princes mais certains marchands se sont plaints que cela amenait trop de monde sur la manifestation ! Pour M. Gomez les critères de réussite ou d’échec sur une manifestation ne se déterminent pas en fonction de la gratuité des entrées.

M. Irrigaray souhaiterait que les organisateurs mentionnent dans leurs dossiers d’inscription, afin de rassurer les exposants, l’orientation de leur publicité et les coûts qu’ils y ont investis.

M. Lequesne indique qu’il a fait ce genre de choses mais il apparaît qu’il y a des coûts que l’on peut communiquer et d’autres pas car, en fonction des négociations que l’organisateur mène avec les différents annonceurs, les prix varient de l’un à l’autre.

Pour en revenir à la question de la gratuité des entrées, M. Lequesne précise qu’il lui est souvent arrivé de consacrer l’intégralité des recettes de location des emplacements au budget publicitaire, le bénéfice retiré de la manifestation venant alors des seules entrées.

M. Cuesta (Organisateur-Montpellier) indique que, pour sa part il estime ne pas être obligé à communiquer ses chiffres. Si l’organisateur donne son chiffre d’affaires et son bénéfice, l’exposant doit le faire également.

M. Irrigaray observe que l’annonce du budget publicitaire de l’année précédente suffirait déjà à rassurer les exposants sur le fait qu’ils ne vont pas « au casse-pipe ».

Pour M. Asseline ce n’est pas un problème de communiquer son plan média. Le métier d’antiquaire demande certes des connaissances mais la publicité est un autre métier qui exige aussi des connaissances. Si l’organisateur n’a pas forcément la compétence pour savoir comment vendre un meuble ancien, les marchands de leur côté n’ont pas nécessairement la compétence pour juger de la validité d’un plan média. Il faut par ailleurs distinguer les manifestations à rayonnement national, voire mondial et celles de niveau local pour lesquelles les budgets sont évidemment très différents.

Melle Bachellier (Présidente Départementale Sncao du Jura) observe que les organisateurs de foires et salons se plaignent de la baisse de fréquentation des visiteurs sur les foires et salons. Si l’on veut redonner du lustre à notre profession il faut se tourner vers l’art et la culture. Par exemple des salons peuvent s’adjoindre une exposition à thème qui attirera les média et aussi des gens qui ne se seraient pas déplacés seulement pour le salon.

Si on va dans ce sens on retrouvera plus de public dans nos salons de prestige.

M. Irrigaray souhaite que l’on revienne au problème de la prolifération et du chevauchement des manifestations.

M. Garcia (organisateur de La Bastille) estime qu’en ce qui concerne Paris, les organisateurs sont dans l’ensemble corrects et à une ou deux exceptions près ne vont pas sur les brisées des collègues.

M. Irrigaray pose la question d’un calendrier des manifestations pour les grandes villes.

Mme Jary qui organise le salon d’antiquaires le plus ancien de France, celui de Toulouse, dit qu’on lui a souvent demandé de modifier ses dates par rapport à des salons parisiens (Longchamp, Auteuil) et qu’elle n’a pu accepter de le faire. Mais elle est prête à discuter et à essayer de trouver des solutions avec ceux qui accepteraient aussi de se décaler.

Il est certain que le mois de Novembre est très pris pour les salons à Paris notamment… il faudrait voir comment on pourrait faire pour permettre aux marchands qui souhaiteraient pouvoir exposer à Toulouse et à Paris de le faire. Il peut y avoir des possibilités d’ouverture si tout le monde veut bien discuter.

M. Irrigaray conclut donc à la nécessité de se réunir si l’on veut discuter sur les dates.

M. Christian Boner, avant de passer au rapport de la troisième Table Ronde invite M. Irrigaray à rappeler les propositions de la deuxième.

M. Irrigaray rappelle alors la nécessité de continuer tous ensemble avec le Syndicat et les organisateurs la lutte contre la prolifération des manifestations mixtes et les manifestations de particuliers du type vide-greniers. Même si ces manifestations de particuliers ne présentent pas d’oeuvres d’art elles distraient beaucoup de visiteurs au préjudice des foires de professionnels. Nous devons donc défendre avec les organisateurs nos manifestations commerciales et nous associer avec eux pour ce faire, car personne ne peut être plus compétent qu’un professionnel pour apporter son conseil à un organisateur.

M. Christian Boner invite à passer ensuite au rapport de la Table Ronde N°3 dont le thème était « Propositions pour l’Organisation du Marché face aux nouveaux enjeux ».

Rapport de la Table Ronde N°3

M. Jacques Dubourg, Rapporteur de la troisième Table Ronde, indique que celle-ci a commencé par essayer de recenser les causes de la crise qui est massive dans notre marché en distinguant les différents niveaux du marché.

Ont été cités les déballages de particuliers, le paracommercialisme sur Internet, le cours du dollar, la prolifération exagérée des foires, le désintérêt pour l’ancien avec un rapport au passé qui s’émousse, les nouvelles tendances de la décoration et leur relais dans les média, le prix des stands trop élevés sur les foires et salons, l’évolution des modes de vie avec une mobilité professionnelle accrue pour les jeunes mais aussi des données sociologiques comme la durée des mariages, tous facteurs qui font que l’on n’envisage plus de se meubler ou d’acquérir des meubles anciens comme auparavant.

Ce sont les tendances actuelles mais celles-ci peuvent néanmoins évoluer. Parmi les autres causes on a cité les mauvais organisateurs, certaines catégories d’exposants ou « communautés » dont on a déjà parlé et dont la présence n’est pas toujours souhaitée sur les salons, enfin la prolifération des copies.

Cette crise on la trouve aussi bien au niveau des boutiques qui plongent que des manifestations. Si les manifestations de prestige résistent bien, de même qu’à l’autre extrémité du continuum de notre marché les manifestations de brocante, les salons traditionnels s’effondrent. Un exemple a été donné par un Directeur de Parc-Expositions d’une grande ville de l’Est dont le nombre de visiteurs est passé de 17 000 à 3000 visiteurs. Le Parc-Expo continue cependant pour une raison d’image de marque cette manifestation pour laquelle il enregistre un déficit important.

Les Puces Rouennaises restent à 28 000 entrées ce qui est bien mais il y a eu plusieurs salons dans le Sud-Ouest qui ont enregistré des chutes de fréquentation de 50 à 60 %. Chatou est une des rares manifestations d’Antiquité-Brocante qui se maintient bien. On peut se demander si l’adjonction de l’alimentaire « Les Jambons » n’explique pas cela.

Port de Lanne enregistre un résultat remarquable avec 40 000 visiteurs (Bravo M. Lequesne !)

Ont par ailleurs été évoquées les difficultés ressenties par certains groupements d’antiquaires comme la Cité des Antiquaires à Lyon dont certains ont dit qu’elle était à deux doigts de fermer, le Louvre des Antiquaires à Paris dont le niveau inférieur a été réduit, et d’autres centres en province qui rament pour se maintenir.

La Table Ronde a ensuite examiné les propositions qui pourraient être émises pour sortir de cette crise ou tout au moins d’en diminuer les effets.

Concernant les problèmes d’Internet et de paracommercialisme, on s’est consolé en quelque sorte en constatant qu’il n’y avait sur Internet aucune sensualité, pas de contact direct avec l’objet.

Il n’y a pas non plus sur Internet l’expertise, la garantie. On a insisté sur la relation très particulière entre l’antiquaire et son client qui n’existe évidemment pas sur Internet.

Il a été souhaité que les experts sur les salons aient un rôle plus vendeur.

M. Dubourg cite ensuite les différentes propositions qui ont été présentées :

Une proposition de site commun pour les sociétés de vente a été faite par un représentant du Symev.

Une proposition de site commercial Internet pour les adhérents du Sncao a également été faite.

Proposition d’une mutualisation des boutiques dans une ville pour les listes de mariage.

Mettre sur site un catalogue des manifestations.

Plusieurs participants ont proposé la gratuité d’entrée pour les étudiants sur les manifestations.

Proposition de faire un Guide comme un guide « Michelin » des Salons avec des étoiles. Ce n’est pas loin du Label quoique un peu différent.

Une harmonisation du calendrier des foires et salons. Cela était notamment l’un des buts du Comité d’Ethique créé par le Sncao.

L’organisation de conférences et de séminaires sur les manifestations d’antiquité et de brocante.

La recherche de sponsors pour les manifestations considérées comme très importantes. La préoccupation globale est de faire revenir la clientèle vers les boutiques et les foires et salons.

M. Dubourg ouvre ensuite les débats sur son rapport.

M. Pierre Zordan (Sncao Toulouse) demande que penser du nombre de plus en plus important d’étrangers qui viennent déballer en France, notamment dans le Sud-Ouet.

M. Morat pense qu’il n’y a pas de problème à cela si il ne s’agit pas de sans papiers…

M. Gazado remarque que les marchands français peuvent aussi déballer dans tous les pays d’Europe et même s’y installer et déballer en France tout en payant leurs impôts dans le pays où ils se sont installés pour échapper aux rigueurs fiscales françaises. Nous serons de plus en plus des Johnny Halliday de la brocante !

Pour M. Musso (Président du Syndicat de Marseille) il y a des distorsions fiscales qui existent.

Qu’en est-il de la Tva pour les marchands des autres pays européens ? La récupèrent-t’ils ?

Maître Champin observe que si les marchands communautaires peuvent venir exposer et vendre en France, les marchands français peuvent de la même manière avec les mêmes droits et devoirs aller vendre dans l’ensemble de la Communauté. La liberté de circulation des biens et des personnes est un acquis communautaire sur lequel ce serait une erreur de vouloir revenir.

Par ailleurs la Tva est un impôt communautaire et c’est même le seul car seuls les impôts indirects sont de la compétence de la Communauté Européenne. Les impôts directs ne le sont pas uniquement parce que la France ne l’a pas voulu. La France a toujours refusé une harmonisation européenne des impôts directs. On ne peut donc reprocher cela à la Communauté.

Le marchand français qui ne paye pas la Tva en France sera de toutes façons obligé de la payer dans le pays où il est établi.

Mme Margeridon a sur ses manifestations environ 20 % d’exposants français qui sont maintenant installés en Belgique ou en Italie. Ce pourcentage pourrait passer à 40 % dans quelques années.

Cela est grave pour nous en France mais c’est l’Europe !

M. Christian Boner propose de passer à la question de l’harmonisation du calendrier.

Un intervenant pense que les organisateurs n’arriveront jamais à se mettre d’accord sur les dates, chacun refusant de modifier celles de sa manifestation.

M. Morat pense que l’on peut au moins demander aux organisateurs qui veulent créer de nouvelles manifestations de tenir compte de l’existant de façon à chevaucher le moins possible notamment quand il y a proximité géographique. Il y a tout de même un petit effort à faire de ce côté-là.

M. Christian Boner évoque la question du partenariat et du sponsoring.

Mme Margeridon (Organisateur-Paris) observe qu’aujourd’hui tout un chacun est confronté au problème des coûts. Les marchands ont de plus en plus de difficultés à faire face aux prix des stands tandis que les organisateurs voient aussi leurs charges augmenter.

Un moyen de faire face à ce problème est de rechercher des sponsors comme le font déjà certains organisateurs.

Mme Margeridon donne l’exemple d’un organisateur en Belgique qui ayant pu se faire sponsoriser par un constructeur automobile et une grande banque a pu baisser son prix de location à 190 € le m 2 ce qui n’est pas cher.

Mme Margeridon précise qu’elle est actuellement en pourparlers avec une banque d’un autre pays de la communauté qui cherche à se constituer une clientèle en France et envisage dans ce cadre un sponsoring de sa manifestation. Mme Margeridon ajoute qu’elle nous tiendra au courant des résultats de ce partenariat en terme de réduction du prix de ses emplacements. (Applaudissements dans la salle).

M. Castaing, Président du SLAM ( Syndicat de la Librairie Ancienne et Moderne ) estime cette question du sponsoring très importante. Quiconque organise un salon doit intégrer ce paramètre en tenant compte toutefois de ce que nous vendons car nous vendons de la connaissance, de la culture, du patrimoine c’est-à-dire une chose éminemment valorisante. On doit donc pouvoir trouver des sponsors qui peuvent permettre de faire baisser les prix et aussi donner une certaine souplesse pour utiliser la surface médiatique. Il ne faut donc absolument pas négliger cette piste.

En ce qui le concerne, M. Castaing organise le Salon du Livre Ancien au Grand Palais qui va ouvrir demain soir. Grâce aux sponsors et indépendamment de la location des stands qui a permis de financer cette manifestation, il lui sera possible d’utiliser au mieux la surface médiatique.

M. Christian Boner propose ensuite, si personne n’a d’autre question à aborder, de demander à M. Michel Gomez d’apporter une conclusion à cette journée.

En tant que journaliste d’Europe N°1 où le slogan est « parlons nous » il ajoute qu’il a pu apprécier, comme observateur, la richesse des débats qui ont eu lieu au cours de cette journée où tous ceux qui l’ont désiré ont pu s’exprimer en toute liberté et franchise.

Partager :