Contrairement à une idée reçue et exagérément relayée par la presse, ce ne sont pas les salles de ventes mais le commerce traditionnel qui gère la majorité des parts du marché de l’art en France.

Voilà qui ne manquera pas de surprendre les lecteurs fidèles et assidus de la gazette : organe d’information abondamment fourni, remarquablement rédigé et omniprésent dans le secteur du marché de l’art. Elle nous apprend chaque semaine que l’estimation au demeurant très optimiste de telle œuvre d’art a été cependant pulvérisée au cours de son adjudication, tout cela dans le cadre d’un montage bien fait, d’une promotion bien conduite.

Dans Le même temps, trop d’organisateurs de manifestations offrent une image un peu trouble du produit qu’ils sont censés promouvoir. Parmi eux, un très grand nombre se montrent principalement préoccupés de leur propre image auprès du public, alors que le centre d’intérêt de ces grands rendez-vous régionaux est, avant tout, l’objet d’art proposé.

Ces salons : lieux d’échange et de communication, d’art et d’économie, doivent être présentés comme une plate-forme de rencontre entre le public et le professionnel avec une passion commune : l’objet d’art et le mobilier ancien à travers les siècles ainsi que l’histoire qui s’y rattache.

La place occupée par le commerce traditionnel reste prépondérante face aux salles de ventes.

Un rapport de Mr TROJAN, Secrétaire Général de la Commission Européenne, bien qu’il remonte à 2003, doit bien être, je pense, toujours d’actualité. Il traite notamment de la dimension globale du marché de l’art.

Les estimations au niveau mondial du volume des ventes d’œuvres d’art sont de l’ordre de huit mille millions d’euros.

Ces ventes se répartissent entre les marchands qui réalisent annuellement des ventes d’une valeur de six mille deux cent millions d’euros et les maisons de vente aux enchères qui réalisent des ventes représentant environ mille huit cent millions d’euros. Nous pouvons constater que plus des trois quarts des ventes sont le fait des marchands.

Si l’on s’en tient à l’espace médiatique occupé par chacun des protagonistes qui aurait pu imaginer que le rapport de force allait dans ce sens.

Pour mieux comprendre et accepter cette surprenante équation, il faut savoir que les maisons de vente aux enchères (S.C.P. et S.V.V.) sont en France au nombre de 456. En revanche, on retiendra le chiffre de seize mille marchands. Il regroupe les antiquaires (toutes spécialités confondues), les brocanteurs, les galeries d’art, les experts.

Au nombre réduit des premiers correspond une activité plus concentrée et plus visible que nos « chers maîtres » savent finement entretenir dans les milieux locaux et de notabilité, alors que les seconds, 35 fois plus nombreux se trouvent dilués dans l’Hexagone.

Nous sommes bien présents, certes, mais à l’évidence moins émergents. Même si l’espace que nous occupons nous vaut, malgré tout, de bénéficier de quelques liens de proximité avec notre clientèle.

Il nous appartient, mes chers(es)collègues, par notre présence, notre sérieux et notre savoir-faire, de la convaincre de nous rester fidèle ou de nous revenir.

Michel GOMEZ

Président du SNCAO

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