En temps de crise et à l’heure où s’ouvrent quotidiennement les journaux télévisés concernant le profond malaise économique sur notre continent, on peut s’interroger sur les rapports très tabous entre l’art et l’argent.

Certains artistes dont la majorité est bien établie se sont saisis des méthodes commerciales et de marketing afin de se promouvoir eux-mêmes.

  • Jeff Koons a gravi les premières marches de la célébrité en se mariant avec une ancienne star du porno reconvertie dans la politique italienne.
  • Murakami, avant et depuis son passage à Versailles, n’a cessé de commercialiser sa signature Manga sur des gadgets et des tee-shirts.
  • Avida Dollars était le surnom donné à Salvador Dali pour l’intérêt démesuré qu’il accordait à la valeur marchande de ses œuvres.
  • Au XVIème siècle Le Tintoret prenait l’avantage sur ses contemporains Le Titien ou Véronèse en faussant certaines pratiques lors de concours qui les opposaient.

 

Ces exemples qui se sont multipliés à travers l’histoire prennent une dimension exacerbée dans notre siècle.

Les artistes vraiment désintéressés : mythe ou réalité ?

Cette contradiction tient en grande partie à un mythe profondément inscrit dans notre imaginaire collectif. C’est celui de l’artiste génial mais misérable dont le dépouillement matériel le sensibilise à d’autres valeurs telles que générosité, marginalité sociale sur fond d’indifférence aux contraintes matérielles.

D’une certaine façon c’est un peu comme si l’environnement de l’artiste devait être dématérialisé et ainsi protège des contraintes quotidiennes avec comme conséquence la préservation de la voie magistrale qui relie l’œuvre à son créateur, là où s’exprime la sensibilité de l’artiste.

Quelques fois, nous sommes conduits à observer une réalité douloureusement vécue par l’artiste où trop d’exigence interrompt le rêve. La réalité s’impose alors de façon brutale par un environnement social délabré ou par un fonctionnement psychologique instable au point de porter d’abord pour finalement détruire son auteur.

Bien des génies de l’art à l’image de Van Gogh, Modigliani, C. Claudel, en quête d’absolu, ont ainsi prématurément interrompu leur parcours.

Aujourd’hui, les créateurs ne fustigent plus l’économie, ils utilisent ses pratiques afin de promouvoir leurs créations.

Aujourd’hui, les artistes contemporains proposent-ils encore de l’art ?

Souvent le doute est permis mais qui aura l’audace d’apporter un éclairage plus soutenu sur l’opposition paradoxale entre l’art et l’argent sans paraître quelque peu subversif.

Je vous souhaite une excellente année 2012.

A bientôt,

 

Michel GOMEZ,

Président du SNCAO-GA

 

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