Paris, le 25 janvier 2012

Madame, Monsieur,

C’est en notre qualité d’instance nationale représentative de toute une profession : Antiquaires, Brocanteurs et Galeries d’Art, que le SNCAO-GA sollicite le relais des médias. Il entend réagir à un article qui a été publié le 18 janvier courant sur le blog « Big Browser », alimenté par la rédaction du journal Le Monde.

Dans cet article titré « BROC – Internet est-il responsable de la hausse des cambriolages en France ? », l’auteur s’interroge sur la relation à établir entre le développement de certains sites internet et la hausse des cambriolages enregistrée en 2011 par le ministère de l’Intérieur. Cette correspondance semble en effet être envisagée par l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), même si les sites internet concernés s’en défendent. Notre Syndicat n’envisage certainement pas de contester cette hypothèse qui, au demeurant, nous paraît assez vraisemblable.

Mais quel rapport y a-t-il avec notre activité ?

En tête de son article, l’auteur indique : « Les receleurs à la petite semaine – antiquaires, brocanteurs et gérants de dépôt-vente qui s’adonnaient au recel pour arrondir leurs fins de mois – sont-ils en train de perdre le marché du cambriolage de proximité au profit d’Internet ? ».

Notre institution qu’est le SNCAO-GA regroupe plus de 2.000 adhérents et, au-delà, représente la profession d’Antiquaires, Brocanteurs et Galeristes dans sa composante la plus diverse de niveaux et de spécialités. Ce sont des acteurs du marché de l’art, ils représentent un tissu économique et culturel dont le savoir-faire, la connaissance et souvent même l’amour de leur métier, leur confèrent pour une large part le rôle de protecteurs du patrimoine (ancien, contemporain, moderne, régional et national).

Notre profession, naturellement respectueuse des règles citoyennes, s’insurge contre les propos insultants de ce blogger du journal Le Monde. Notre secteur d’activité, ses 15.000 commerçants, est depuis 40 ans l’un des plus parasités en France. Le paracommercialisme dénoncé et combattu par le SNCAO-GA et complaisamment toléré par les pouvoirs publics – pour cause de paix sociale – a l’aspect à peine dissimulé de 55.000 vide-greniers ou de ventes en appartements dont quantité de participants sont allés rejoindre les nombreux internautes qui, dissimulés derrière leurs pseudonymes, proposent tant de produits faux, contrefaits et quelques fois même de provenance douteuse.

Nous condamnons donc avec la plus grande fermeté ces propos parus sur la toile et précisons que notre Syndicat lutte depuis plusieurs années contre les dérives observées sur Internet qui conduisent de nombreuses plates-formes à servir d’intermédiaires pour présenter à la vente des biens dont elles ne sont pas toujours en mesure de garantir l’origine licite. A l’inverse, la traçabilité des biens proposés par les marchands est assurée par la tenue d’un registre de police et régulièrement contrôlable.

Pour ces différentes raisons, nous ne pouvions rester sans réagir face à cet article grotesque et diffamatoire, paru sur le blog « Big Browser ». La profession se considère insultée et le SNCAO-GA entend réagir. Aussi, nous vous remercions de bien vouloir assurer le relais de cette lettre ouverte auprès de l’ensemble des médias.

Le SNCAO-GA ne reconnaît comme acteurs du marché de l’art que ceux qui sont soucieux de déontologie professionnelle. Pour les autres, nous les laissons aux bloggers du journal Le Monde.

 

Michel GOMEZ

Président du SNCAO-GA

 

L’article paru sur le blog « Big Browser » est consultable en cliquant sur le lien suivant :

http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2012/01/18/broc-internet-est-il-responsable-de-la-hausse-des-cambriolages-en-france/ 

 

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