Un antiquaire, un brocanteur ou un galeriste a fatalement évolué dans l’exercice de son métier au cours de ces trente dernières années.

Il a partiellement et souvent complètement abandonné sa boutique qui était son lieu stratégique de rencontre avec sa clientèle, pour se consacrer aux salons, aux grands déballages ou aux petites brocantes dominicales.

95 % des professionnels ont fait le choix de s’y laisser prendre plusieurs fois par an, comme acheteur ou comme exposant.

Si nous avons massivement emprunté cette voie au cours des dernières décennies, ce fût pour répondre à une nécessité d’ouverture et de compétitivité. Ce besoin d’élargissement fût aussi ressenti par notre clientèle attirée et séduite par un marché de l’art porteur d’histoire, de bon goût et d’images flatteuses.

Est-ce la demande qui a engendré tant de vocations d’organisateurs ou bien ces derniers qui ont su susciter l’envie, je crois que c’est probablement l’interpénétration de ces trois composantes qui a permis à 18.000 manifestations de voir le jour et à près de 10 millions de français (en chiffre cumulé) de les fréquenter.

Parmi ces nombreux événements, certains ont un rayonnement qui alla bien au-delà de nos frontières, d’autres continuent d’avoir une portée plus locale, cependant, beaucoup apportent aujourd’hui un service qui n’est plus adapté.

Trop d’organisateurs en place ou à venir ne connaissent rien au marché de l’art.

Que ce soit sa spécificité, ou son évolution. Nous sommes confrontés à ceux qui ignorent l’importante mutation que subit le marché de l’ancien à l’exception du très haut de gamme.

Les goûts du consommateur se portent de façon significative :

• vers le très contemporain au détriment des créations passées.

• vers le plastique industriel plutôt que les délicates marqueteries du 18è. Puis au-delà de l’emprise des salles de vente ainsi que de l’envahissant cybermarché, c’est une remise en question et une totale déstabilisation auxquelles nous sommes aujourd’hui confrontés.

Il en va conséquemment de la fragilisation de notre commerce et dans bien des cas de son appauvrissement.

Mesdames, Messieurs, les organisateurs et directeurs de parcs exposition,

Abandonnez toute idée hégémonique et inflationniste concernant :

• Le nombre de manifestations en France,

• Les surfaces d’exposition,

• Le prix du mètre carré dont nous ne pouvons plus suivre les allures galopantes sur les espaces commerciaux que vous nous proposez.

Le professionnel au-delà de l’exposant se définit souvent comme « le clown du chapiteau » sans lequel le spectacle n’aurait pas lieu.

Qu’organisateurs et professionnels se concertent, leur avenir en dépend.

Voilà le sens que le SNCAO entendait donner à l’occasion des Etats Généraux que nous organisions le 25 avril dernier à Paris.

Ce n’est pas sans raison, mes Cher(es)Collègue(s), que vous avez pu lire dans le programme de ce grand événement l’un des sous-titres suivant : « organisateurs/exposants : pacs obligatoire ».

Michel GOMEZ

Président du SNCAO

Partager :