Des conclusions ont été déposées depuis peu par l’organe d’étude réputé du marché de l’art TEFAF (The European Fine Art Foundation) basé aux Pays-Bas.

Cette étude fait ressortir l’extraordinaire effervescence du marché mondial et justifie en même temps l’important bouleversement au sommet de la hiérarchie.

Il est impossible au marché de l’art d’échapper à la formidable vitalité de l’économie chinoise.

En 2007, ils ont évincé la France du podium mondial avec 6,5 % de parts de marché. Ils s’installent aujourd’hui avec 23 % devant le Royaume-Uni (22 %) et en deuxième position derrière les Etats-Unis qui continuent avec 34 % d’occuper la première place mondiale. Cette place au sommet de la pyramide était occupée par la France au cours des années soixante-dix.

De cette étude, il ressort également que le marché mondial est évalué à 43 milliards d’euros et qu’il est en hausse de 52 % par rapport à 2008-2009 (années de crise).

Autre source de préoccupation, nous apprenons que les marchands ne représentent plus que 51 % du marché mondial contre 49 % pour les maisons de ventes aux enchères. Certes, le marché français continue d’accorder un espace marchand de 63 % au regard des salles de ventes mais la dynamique de l’Hexagone n’est pas tellement dissociable de celle des pays voisins.

De surcroît, le SNCAO-GA et d’autres instances nationales appréhendent avec nous les conséquences néfastes de la loi n° 2011-850 du 20/07/2011 qui libéralise les ventes volontaires par la pratique sans limite des ventes de gré à gré.

La Chine en six ans a multiplié par neuf son ouverture vers le marché de l’art. Toutefois, il faut savoir que l’intérêt des collectionneurs asiatiques se concentre toujours sur leur civilisation et sur leur propre histoire.

Nous savons qu’un vase Qing et un rouleau de peinture Sang se sont vendus chacun 50 millions d’euros à Hong-Kong. Plus près de nous, Toulouse a été le théâtre de ventes exceptionnelles : une peinture en rouleau et un sceau impérial chinois en jade néphrite période Qianlong ont été adjugés 34 millions d’euros.

De nombreux agents de la Cité Interdite sillonnent le monde afin de repérer les œuvres impériales que les envahisseurs successifs ont détournées de la Chine éternelle et qui ont été dispersées sur une partie de la planète au gré de l’avidité d’amateurs éclairés.

Ces chevaliers de l’Empire Céleste armés de leurs volumineuses valises de yuans présentent ainsi des arguments convaincants auxquels l’Occident ne résiste pas.

Universellement, le mouvement des œuvres d’art ne s’apprécie pas uniquement du créateur vers le collectionneur mais aussi comme un mouvement pendulaire les destinant à être déplacées d’un pays à l’autre selon l’histoire dominante de l’Etat en place.

A bientôt.

 

Michel GOMEZ

Président du SNCAO-GA

 

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