Le marché de l’art international est un secteur en pleine effervescence, plaçant l’année 2006 à un niveau probablement jamais atteint.

Cette apogée se situe sur les grandes places spéculatives de Londres, New-York et à un degré moindre Paris avec le recours impensable dans les années 90 des pays émergents : la Russie, la Chine, l’Inde, l’Amérique du Sud.

Des enchères conduites avec une incomparable maîtrise par les grandes maisons de vente qui connaissent un taux de progression sans équivalence dans leur histoire.

Christie’s affichait, en fin du dernier exercice, un chiffre d’affaires de 4 milliards de dollars et une progression de 36 %. Un bilan semblable chez Sotheby’s.

Mais le fait d’arriver en 3ème position pour Paris n’en procure pas moins de grandes satisfactions aux principales maisons françaises.

Le marché de l’art est devenu une étonnante bulle spéculative. Il s’inscrit dans une logique de financiarisation à l’image du marché de l’immobilier.

La mondialisation des échanges centuplée par Internet a déstabilisé la mosaïque de nos marchés régionaux, favorisant et formatant sans nuance et de manière accélérée les modes et les tendances.

Aujourd’hui 80 % des ventes réalisées dans l’Hexagone sont françaises et correspondent pour plus de la moitié aux créations de la fin du XXe.

Près de la moitié des acquéreurs actuels issus du monde de la finance et des affaires n’avaient jamais acheté d’œuvres auparavant.

Quelle est actuellement la place de la France sur l’échiquier mondial… Elle est très réduite.

En pourcentage du chiffre d’affaires mondial, les Etats-Unis dominent avec 45,92 %, la Grande-Bretagne 26,95 %. La France installée loin derrière se limite à 6,45 %. Elle est talonnée par la Chine qui frôle les 5 %, en attendant une très probable ascension prochaine.

Je vous encombrerai d’un dernier chiffre pour vous rappeler qu’au début des années 60, la France occupait plus de la moitié des parts du marché de l’art de la planète. Les conséquences d’un tel recul de notre pays, qui se targue pourtant d’être le grenier du monde, c’est que nous sommes de moins en moins décideurs des goûts, des tendances, des orientations et des valeurs.

Puis quand nous occupions une place hiérarchique dominante, nous étions une référence que nous ne sommes plus, mais nous avions une place enviée qui avait un remarquable effet d’entraînement en chaîne dont bénéficiaient tous les acteurs du marché de l’art quel que soit leur niveau et leur spécialité. Nous étions alors installés dans une dynamique commerciale qui laissait peu de monde au bord du chemin.

Sans pour autant nous résigner, reconnaissons chers amis, antiquaires, brocanteurs et galeristes que les temps ont bien changé, car cette dynamique nous fait grandement défaut.

Michel GOMEZ

Président du SNCAO et Galeries d’Art

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