L’art mondial marque la crise avec hauteur et insolence et peut-être même s’en nourrit-il.

Parle-t-on de l’art porteur de subtils raffinements, de délicates nuances émotionnelles puisées à la source de l’inspiration débordante des créateurs.

A moins qu’il ne s’agisse d’un art annoncé, à la fois comme insaisissable et inestimable (ce sont, je suppose, les critères d’appréciation qui peuvent guider ceux qui atteignent les confins de la démesure). Certains milieux savent d’ailleurs présenter comme unique et irrésistible ce qui doit avant tout être rendu visible au regard des plus fortunés.

Internet répond à cette exigence, de façon instantanée et universelle.

C’est en partie aux pays émergeants que l’on doit ce nouveau monde qui s’installe, ces nouveaux riches qui façonnent une mouvance économico artistique qui leur correspond et leur ressemble.

Au-delà de l’observation que nous faisons depuis notre marché français tant fragilisé, que constate-t-on ?

A l’exception de l’Europe en quasi-récession, les principales places fortes du Monde sont en état d’ébullition. Les « consommateurs d’art » semblent être avant tout des joueurs insatiables, aux moyens illimités, emportés dans un courant d’interminables surenchères record.

En 2010, on nous annonçait déjà la meilleure performance de la décennie. Le produit des ventes de l’année était de 9 milliards d’Euros.

Les résultats de l’année 2011 portent à 11,5 milliards le marché du haut de gamme. Au cours de cette même année, 1.675 œuvres d’art ont dépassé à la vente le million de dollars. Ces chiffres vertigineux s’inscrivent à près de 500 % au-dessus des résultats de 2000.

Cette démesure illustre un phénomène de starisation d’artistes contemporains dont la cote est gonflée par des vacations annoncées et présentées comme de véritables spectacles.

Cette démesure trouve pour s’imposer un terrain propice dû au dérèglement économique des pays occidentaux, sous l’effet de la domination chinoise. En quelques mois seulement, l’Empire céleste vient de s’installer à la première place mondiale du marché de l’art. Cette domination se profilait depuis longtemps, elle donnera désormais, je le crains, à l’orientation créatrice, le sens qu’en auront décidé les asiatiques.

A ce jour sur les 10 artistes contemporains qui sont les plus cotés et les plus vendus dans le monde, 6 sont chinois.

China Guardian fait partie avec Sotheby’s et Christie’s des trois plus grosses maisons de ventes de la planète. Dans le top 20 mondial, 10 sont chinoises.

Le 9 de ce mois d’Octobre, le SNCAO-GA participera à Lyon à une conférence aux côtés d’Artprice qui est le leader mondial de ces banques de données. A cette occasion, nous nous emploierons essentiellement à parler du marché français, de celui qui nous ressemble et qui nous correspond.

Aussi, nous essaierons, mes chers (es) collègues, de « comprendre le marché de l’art en 2012 » sans pour autant y perdre notre âme.

A bientôt.

 

Michel GOMEZ

Président du SNCAO-GA


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