L’Observatoire est une plate-forme de rencontres mensuelles qui se tiennent au Ministère de la Culture en présence des acteurs du marché de l’art (dont le SNCAO) et des représentants des institutions.

Parmi ces derniers, siège l’O.C.B.C. (Office Central de Lutte contre le Trafic des Biens Culturels) dirigé par le Colonel Lembert et son Directeur Adjoint le Commandant Darties.

Cet important service avec lequel notre instance entretient d’excellents contacts a été créé voici une trentaine d’années, il s’agit d’un service interministériel constitué de gendarmes et de policiers, d’enquêteurs hautement qualifiés dont certains ont bénéficié d’une formation en histoire de l’art.

6 000 vols sont commis chaque année dans des châteaux, des églises, des musées, des galeries.

Plus de 30 000 objets de valeur disparaissent ainsi chaque année qui ne sont, en grande majorité, jamais retrouvés.

La France est avec l’Italie et la Grèce, l’un des pays d’Europe les plus touchés.

Il semble que les malfaiteurs liés au crime organisé assurent un rôle-clef dans ce trafic avec les Pays- Bas et la Belgique comme pays de transit puis les pays de l’Est et les Etats-Unis comme pays destinataires.

Les professionnels français ainsi que les salles de ventes sont soumis à l’obligation de tenue d’un livre de police, devant faire apparaître des indications précises concernant l’origine d’acquisition de l’objet ainsi que sa description.

La traçabilité de l’objet est alors définie.

Il serait temps que tous les pays européens soient soumis à la même obligation. Ce sujet fera l’objet d’une prochaine intervention de votre syndicat auprès de notre ministère de tutelle, en faveur d’une uniformisation européenne.

L’O.C.B.C. nous informe également des disparités juridiques en matière de recel. Ce délit est continu et imprescriptible en France, il est instantané et prescrit au bout de trois ans en Belgique. Dans notre profession comme dans toute autre, il y a des personnes indignes, bien que leur nombre soit heureusement très réduit.

Ma longue expérience d’antiquaire, ainsi que l’observation attentive que j’assure dans ma fonction, me conduisent à affirmer que l’immense majorité de mes confrères se conduit de façon respectable, responsable et honnête.

Quant à ceux dont la malversation est avérée, de grâce, qu’on en débarrasse le circuit du marché de l’art.

Comme heureuse conclusion, mes chers(es) collègues, en vertu du regard objectif que porte l’O.C.B.C. sur l’ensemble de ceux qui exercent notre activité, je retiendrai la déclaration du Directeur Adjoint, le Commandant Darties : « Les marchands français ne sont pas des receleurs ».

Michel GOMEZ

Président du SNCAO

Partager :