Un jour, pas si lointain, un jeune confrère, nouvel arrivant sur le marché, me livrait son sentiment en tant qu’adhérent récemment inscrit au SNCAO-GA.

« Cette adhésion représente pour moi, me dit-il, une forme d’intégration et je l’apprécie comme une admission flatteuse et utile ».

Cela est assez naturel, tant il y a concordance d’intérêt et cause commune entre l’ensemble de nos adhérents et notre instance nationale. Après tout, comment en serait-il autrement quand l’exercice de notre activité nous impose bien des règles, des obligations et nous confronte à autant d’incertitudes.

On n’a pas craint de dire que le professionnel (Antiquaire, Brocanteur ou Galeriste) est le poumon d’un système qui en fait le gardien de notre patrimoine.

Aussi, au regard de cela, il appartient à notre Syndicat de veiller, sans nuance, à valoriser l’image de notre commerce et de ceux qui l’exercent car chaque acteur est naturellement en quête de reconnaissance et de soutien.

Alors oui ! nous sommes attentifs à l’intérêt que vous portez à ceux qui vous représentent dans des circonstances et des lieux où votre quotidien ne vous conduit pas forcément : les ministères, par exemple, où il est indispensable d’être présents si on veut faire entendre la voix du SNCAO-GA.

 

La transposition de la directive « Services »

 

La réforme de la législation des ventes publiques aux enchères est à nouveau en mouvement : la directive européenne dite « Services » (texte n° 210 du 12/12/2006) est appelée à être transposée dans notre droit français. Les passages en première lecture au Sénat (28 octobre 2009) et à l’Assemblée Nationale (25 janvier 2011) nous ont apporté quelques éléments de réponse, tandis qu’une deuxième lecture au Sénat est prévue le 26 avril.

C’est au total 18 rencontres, entretiens ou débats que nous avons eus sur ce dossier des ventes de gré à gré au cours de l’année 2010, avec des ministres, directeurs de cabinet, membres du Conseil d’Etat, députés, sénateurs, Président du SYMEV… Tous étaient des interlocuteurs avec lesquels nous avons eu des entretiens soutenus et argumentés.

Rencontres avec trois ministres :

  • Le 16 mars 2010 avec Pierre Lellouche (Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères et Européennes) ;
  • Le 12 avril avec Michèle Alliot-Marie (Garde des Sceaux) ;
  • Le 18 octobre, colloque en présence de Frédéric Mitterrand (Ministre de la Culture) dont le soutien à l’égard des acteurs du marché de l’art que nous sommes est assez modéré, il faut bien le reconnaître. Il a eu l’occasion en effet à plusieurs reprises d’exprimer l’intérêt qu’il porte aux commissaires-priseurs.

 

Pourtant, nous avons une argumentation très forte à soutenir et à développer.

  • L’analyse du marché de l’art français révèle que :

– 385 sociétés de ventes génèrent 2.000 emplois et 1,7 milliard d’euros de chiffre d’affaires.

– Le commerce indépendant, quant à lui, représente 15.000 entreprises, 12.000 emplois et 2,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

– Les métiers d’art (toutes professions induites) prolongent notre activité et représentent 38.000 entreprises, 100.000 emplois et 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

  • Quand nous observons la situation en Grande-Bretagne, nous constatons que Sotheby’s et Christie’s qui y pratiquent depuis longtemps les ventes de gré à gré ont provoqué une chute de 40 % du nombre d’antiquaires et de galeristes : 8.000 professionnels étaient recensés en 1995 contre 5.000 seulement en 2010.
  • Nous avons maintes fois évoqué le principe de subsidiarité. En quoi consiste-t-il ? Il laisse aux Etats membres une marge d’appréciation pour adapter cette directive aux particularités nationales. Comment, dès lors, ne pas évoquer l’exception française compte tenu de l’attrait suscité par notre patrimoine ?
  • D’autre part, les 15.000 professionnels français participent à la protection du patrimoine et à la transmission des connaissances.

 

Voilà des causes autrement plus nobles, émanant de l’ensemble de la profession, que l’emprise hégémonique des deux géants internationaux auxquels le législateur semble pourtant ne pas vouloir déplaire.

 

La place du SNCAO-GA sur l’échiquier du marché de l’art

 

Le SNCAO-GA s’est imposé comme règle d’être présent là où se posent les problèmes se rattachant, sous quelque forme que ce soit, aux activités du marché de l’art. Tel est notre objectif dominant parce que :

  • Nous nous sommes imposés cette règle.
  • Notre statut de Syndicat le plus important en nombre, dans sa diversité de niveaux, de branches et de spécialités nous impose cette logique.
  • Et que par capillarité nous sommes imprégnés des mêmes valeurs et soucieux des mêmes exigences que nos partenaires.

 

La place qu’occupe notre instance nationale sur l’échiquier du marché de l’art nous invite à être réactif sur les plans législatif, fiscal, économique et social. Notre crédibilité dépend :

  • De notre connaissance des dossiers.
  • De notre façon de les présenter et de les accompagner.
  • Et de notre capacité à convaincre nos interlocuteurs chez lesquels s’expriment souvent des réticences en raison d’intérêts contradictoires, de lobbies, de textes inadaptés, et là, mes amis, croyez-le, la mission s’avère souvent ardue et complexe.

 

Au cours de ces dernières années, l’ensemble de ce qui a été entrepris, réussi ou parfois utilement aménagé par nos interventions, sert de tremplin à ce qui devra être poursuivi au regard des exigences du moment, qui sont évolutives. Car nous restons tributaires de la conjoncture et de l’évolution du marché. Les conditions que nous avons créées au cours de ces années sont cependant propices à la poursuite d’évènements relais au nom de l’intérêt collectif exprimé et soutenu par le SNCAO-GA.

Les obligations de ceux qui vous représentent ne se limitent pas :

  • à s’installer dans un rôle passif d’écoute ou d’observation,
  • voire dans certains cas adopter la posture de l’indignation (car l’effet d’annonce dissimule souvent l’incapacité d’agir).
  • Pourquoi ne pas se contenter de faire passivement figure de variable d’ajustement où nous nous laisserions gentiment chahuter entre les dogmes administratifs solidement ancrés et les critiques populistes pas très responsables de nos détracteurs où l’incantation prend souvent le pas sur l’action ?

 

Il est parfois dit, mes amis, qu’une entreprise dynamique est en mouvement perpétuel.

Aussi, il me paraît important que, forts de notre expérience due à des actions et une présence remarquée de notre entreprise syndicale partout où l’on traite des problèmes liés à notre commerce, nous enchaînions au cours des prochains mois sur un programme qui portera sur trois points :

  • La gouvernance (où passionnel et rationnel ne cohabitent pas toujours de façon heureuse). Chaque membre du Conseil d’Administration ne doit pas perdre de vue les objectifs et les intérêts du SNCAO-GA. Les adhérents élisent des conseillers pour qu’ils servent le Syndicat.

– Le SNCAO-GA est l’objectif à soutenir.

– Le Conseil d’Administration est le moyen pour y parvenir et non l’inverse.

Voilà un bon principe qui ne souffre pas d’exception.

  • L’initiation de projets et l’accompagnement des dossiers. Nous poursuivrons ce que nous avons convenablement su faire jusqu’à ce jour.
  • Une stratégie de communication à revoir et à mettre en œuvre : nos réalisations et ce que nous représentons sont très imparfaitement portés à la connaissance du public.

 

« Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, a dit St-Exupéry, mais de le rendre possible ».

Soyez assurés, Mesdames et Messieurs, qu’avec mes collaborateurs du Conseil d’Administration, nous nous engagerons dans cette voie.

Je vous remercie, Mesdames et Messieurs, de votre aimable attention.

 

Michel GOMEZ

Président du SNCAO-GA

 

 

Cet éditorial contient des extraits du discours prononcé par M. Gomez à la Mairie du 9ème arrondissement de Paris à l’occasion de l’Assemblée Générale.

 

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