Malgré l’aversion de beaucoup d’entre nous pour l’abondance des chiffres, je me suis cependant résolu à vous livrer les informations qui suivent. Elles nous permettront de mieux nous positionner sur l’échiquier national. Je suis sûr qu’il vous plaira d’en prendre connaissance.

Ces informations s’inspirent d’une enquête diligentée par le Ministère de la Culture. La DEPS (Direction des Etudes Prospectives et Statistiques) a conduit cette enquête à partir de traitements statistiques menés par l’INSEE sur l’ensemble de nos entreprises et qui relèvent des codes NAF 524Z, 525Z et 526E. Ces codes sont variables selon nos branches d’activité et selon que nous sommes sédentaires ou non.

Voici les principaux résultats par type d’activité.

1) Le commerce d’oeuvres d’art contemporain

Il comprend 1491 entreprises qui réalisent 385 millions d’euros.

-1356 sont inscrites sous le code 524Z.

-135 sous le code 525Z.

118 emploient plus de 5 salariés et 860 aucun.

2) Vente d’antiquités, d’objets d’art et meubles anciens

Les entreprises concernées sont au nombre de 10.394, elles déclarent au total un chiffre d’affaires de 1,3 milliard d’euros.

Nous nous limiterons à la répartition suivante :

– 6203 entreprises relèvent de la position 525Z et annoncent 1,135 milliard.

193 entreprises emploient plus de 5 salariés soit 3 % et 4432 aucun (71 %}.

– 4191 entreprises relevant de la position 526E réalisent un CA de 163 millions d’euros.

3) Commerce d’objets de récupération vendus à des particuliers (marbres, meubles, etc)

On compte 2386 entreprises, elles totalisent un CA de 104 millions.

– Sous le code 625Z on en compte 1073, elles additionnent 66 millions d’euros.

– Sous le code 526E on en relève 1319, elles réalisent au total 38 millions d’euros.

4) Vente de livres anciens et livres d’occasion

1332 entreprises sont concernées et génèrent ensemble un CA de 70 millions d’euros.

5) Dans la rubrique « Autres activités », nous pouvons intégrer :

– La vente de pièces de collection où 450 entreprises réalisent 30 millions d’euros.

– La vente de timbres-poste de collection où œuvrent 550 entreprises avec un chiffre d’affaires total de 24 millions d’euros.

– Nous pourrions également inclure dans cette classification : les activités d’expertises juridiques d’œuvres d’art. 168 entreprises y sont recensées pour un CA de 3 millions d’euros.

Toutes ces données ainsi recueillies permettent d’apprécier l’ensemble des principales activités du marché de l’art (à l’exception des ventes aux enchères et de l’expertise). Elles permettent d’estimer le poids total, de ce que nous représentons. Observons les quatre premières branches que fait apparaître cette étude.

Nous sommes en mesure d’annoncer un total de 16.000 entreprises qui génèrent un CA de 2,3 milliards d’euros et qui emploient près de 12.000 salariés.

L’étude démontre que les activités retenues sont plutôt spécialisées au sens où la plupart des entreprises concernées réalisent la majorité de leur chiffre dans l’activité déclarée là où peuvent apparaître de façon modérée des activités complémentaires.

Ce travail ne tient évidemment pas compte du nombre de professions induites (ébénistes, doreurs, transporteurs, organisateurs, etc…) avec lesquels nous sommes engagés dans une étroite relation professionnelle.

Maintenant, mes chers(es) collègues, j’appréhende comme beaucoup d’entre vous l’effet déstabilisant et dans certains cas dévastateur du paracommercialisme, d’internet, de la LME, et plus près de nous des conséquences du séisme financier sur notre activité où quelques secteurs sont plus exposés que d’autres.

Mais ce bel ordonnancement que je viens de vous décrire est l’expression et la somme de bien des connaissances et la marque d’un réel savoir-faire qui doivent obstinément nous maintenir confiants.

Michel GOMEZ

Président du SNCAO et Galeries d’Art

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