Les designers contemporains les plus prisés ont développé un style immédiatement reconnaissable.

L’œil exercé d’un amateur de design identifie sans peine une apparence de chaise réalisée par Maarten Baas ou l’objet de récupération qui est la matière première empruntée par Tejo Remy.

La cote d’une pièce de design est régie par trois principes fondamentaux : la signature, la rareté et l’imprévisible.

La cote du design a bondi très rapidement à l’image de l’emballement des prix qui a secoué le marché de l’art contemporain dans les années 2005 à 2008. Des pièces généralement rares, modestes ou quelques fois sculpturales ont atteint des centaines de milliers d’euros avant d’être aussitôt convoitées à des prix millionnaires.

Ces créateurs virtuoses, audacieux voire insensés, et parfois controversés, produisent dans des éditions limitées.

Le prestige de signatures telles que Marc Newson, Frank Gehry, les Frères Campana ou Ron Arad, allié au critère de rareté et à l’originalité plastique et technique de pièces créées, font du design un champ de collection au même titre que celui de l’art qui nous est plus familier.

Puis, conséquence logique, ces ornemanistes d’aujourd’hui sont parallèlement les inspirateurs de productions industrielles massives.

Aussi, les meubles et objets de seconde main issus de la grande série sont proposés sur le marché pour quelques centaines d’euros.

La gamme de prix du design est à l’instar de celle de l’art classique, c’est-à-dire d’une grande amplitude.

Aujourd’hui, l’australien Marc Newson est le designer vivant le plus coûteux aux enchères. Sa pièce phare, la sculpturale « Lockheed Lounge » a atteint un nouveau record voici quelques mois. Elle fut éditée en 1985 et difficilement vendue la même année 1.000 euros. Ce qui ne l’empêcha cependant pas d’être convoitée le 14 octobre 2007 par un collectionneur averti pour la somme de 934.000 euros.

Les plus grands collectionneurs ouvrent leurs bourses toutes débordantes d’euros, de tendances et d’avant-gardisme car il importe d’être vu, d’acquérir et peut-être de promouvoir le travail actuellement incontournable dans l’évolution des formes et matériaux de nos objets.

La réussite de quelques-uns ne saurait cependant dissimuler les multiples échecs subis par d’autres grands noms du design tels que Ron Arad et Zara Hadid.

Le ralentissement de la demande s’est affiché, nous dit-on, fin 2008 pour les pièces exceptionnelles. Il y avait la crainte de surpayer des achats aux valeurs fluctuantes peut-être même éphémères dans une période où tous les indicateurs (financiers, économiques et marché de l’art) clignotaient au rouge.

Je vous proposerai dans un prochain édito une radiographie également succincte du marché de l’art contemporain.

Chers(es) Collègues antiquaires, brocanteurs et galeristes, vous ne manquerez évidemment pas d’établir le lien ou le parallèle avec le marché de l’ancien, tel qu’il s’impose à nous à travers l’histoire.

 

Michel Gomez

Président du SNCAO-GA

 

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