Tous les acteurs du marché de l’art, antiquaires, brocanteurs, galeristes, sont partagés entre crainte et espoir.

Dans un passé récent d’autres périodes économiques perturbées nous ont passagèrement exposé quand le marché financier et le marché de l’immobilier n’étaient pas au mieux, le marché de l’art parvenait à en être le principal bénéficiaire.

Le maintien des valeurs de nos produits était d’ailleurs là pour consolider cette tendance.

Aujourd’hui, les valeurs de la pierre et des portefeuilles boursiers sont si massivement affaiblies que même les collectionneurs les plus accrocs de l’ancien comme du contemporain ont fait le choix d’une discrète retraite de nonne.

Pendant ce temps, qu’observe-t-on ?

Un important effet de mode par nature surprenant, imprévisible et bien sûr éphémère.

Quelques porteurs de ces idées curieuses parviennent à faire naître dans les esprits le goût de l’insensé et de l’inutile.

De nombreux rejets de fabrication industrielle après être un temps apparus dans notre vie quotidienne, ressortent à nouveau de l’oubli. C’est ainsi que la force de l’imagination de quelques auteurs de ces « œuvres » fantaisistes et improbables proposent dans cette surabondance de pseudo-créations très tendances cette fabrication faussement déco et un tantinet « bobo ».

Même si le marché de l’art français est reconnu comme étant vulnérable parce que confronté à des obstacles majeurs, il retrouvera très rapidement le pouvoir attractif dont il a été l’objet en France et auprès des pays occidentaux au nom de l’incomparable bon goût français.

Il est une des composantes de notre patrimoine. Il est porteur de notre histoire et riche de notre culture qu’il a lui-même embellie.

À toutes les époques sous l’impulsion d’ornemanistes, d’architectes, de peintres, les créations mobilières picturales et autres ont été le reflet de leur temps, elles nous ont transmis ce que furent les émotions, les sensibilités et les goûts de leurs contemporains.

Aujourd’hui quelque soit leur avoir ou leur savoir, la plupart des catégories sociales continueront d’exprimer leur intérêt et d’affirmer leur goût car il s’agit de notre histoire intemporelle.

Le marché de l’art représente par ailleurs un enjeu social économique dans la mesure où de nombreuses catégories professionnelles en dépendent.

Le marché de l’art représente également un enjeu politique. Il conditionne largement la place de la culture dans la société ainsi que l’essor de la production artistique.

Il affirme notre rayonnement culturel international. Il exprime dans le monde notre identité nationale, largement reconnue et beaucoup enviée.

Par ailleurs, la guerre des anciens et des modernes n’aura pas lieu. Le SNCAO-GA de par son statut en est le garant actuel. L’art contemporain d’hier est devenu l’art ancien et la chaîne créatrice continue.

A l’avenir, n’en doutons pas, l’actualité nous y prépare. L’aménagement de l’intérieur passera par la cohabitation du passé riche, confortable et rassurant et du présent qui nous surprend chaque jour un peu plus.

Jeff Koons nous en donne un avant goût dans les salons du palais de Versailles.

Michel GOMEZ

Président du SNCAO et Galeries d’Art

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