Notre propension naturelle et bien française qui consiste à affirmer que nous sommes les meilleurs acteurs du marché de l’art européen voire mondial, est devenu un leurre.

Sauf si l’on regarde nostalgiquement vers le début des années 60, ou avec 53% de parts de marché nos réserves considérées comme les plus importantes étaient les plus convoitées.

Aujourd’hui, notre commerce s’est considérablement affaibli avec 23% de parts de marché européen derrière l’Angleterre et à seulement 7% du marché mondial. Les Etats-Unis, incontestablement les plus performants, comblent à pas de géant la case de l’oncle Sam pour lequel leur jeune démocratie ne les avait pas préparés.

Cette dégradation nous la devons en partie à la pression fiscale paralysante à laquelle nous sommes soumis. L’acte majeur est la T.V.A. à l’importation.

Taxe non récupérable qui va de 5,5% à 19,60% selon la spécialité.

Conséquence inéluctable :

• Réduction de notre patrimoine de 50% au cours des quarante dernières années,

• Différentiel exportation/importation de 1 a 3 pour l’année 2005.

La persistance de l’état à maintenir cette taxe est d’autant plus incompréhensible qu’elle représente paradoxalement un manque à gagner pour la France. La T.V.A. à l’importation se chiffre à 6 millions d’euros par an, mais engendre par voie de conséquence une telle chute des importations qu’elle s’accompagne d’une réduction de recettes fiscales tout aussi importantes.

Tout ce qui pénalise notre commerce en deçà de l’Hexagone, favorise nos concurrents au-delà.

Un Canaletto, provenant d’une famille parisienne, est allé se vendre à Londres (27 millions d’euros).

Un grand marchand de la capitale a décidé, pour cause de retraite, de vendre son imposante collection chez Christie’s à New York.

De même que la maison Wildenstein a choisi Manhattan pour y faire adjuger son mobilier.

Le S.N.C.A.O. ainsi que les autres instances nationales ont maintes fois alerté Bercy et le Ministère de la Culture de cette hémorragie, mais la prise de conscience tarde à venir.

Plus actuel mais tout autant déstabilisant pour les professionnels, le commerce électronique en France connaît une poursuite de croissance au rythme de 50% par an.

Les biens culturels retenus pour les calculs statistiques sont : les arts et antiquités, les céramiques, les livres anciens, monnaies, montres, timbres et militaria.

L’Observatoire estime à 1,2 million d’objets vendus uniquement sur e.bay représentant un produit total de 55 millions d’euros.

On assiste à une croissance exponentielle du commerce entre particuliers qui trouvent là un complément de profit à leur activité traditionnelle.

J’ai eu en février un premier entretien sur ce dossier au Ministère Renaud DUTREIL.

Je fus, également, convié le 19 mai dernier à participer à un Forum au Ministère de la Culture en présence du Ministre Renaud DONNEDIEU DE VABRES sur le thème :

• « Quel marché de l’art sur Internet ? »

• « Opportunités et limites ».

Toutes les instances représentatives y ont participé.

Dans un prochain éditorial, je vous ferai part des principales orientations qui y ont été envisagées, afin d’enrayer cette nouvelle forme délirante de paracommercialisme.

Cher(e)s Adhérent(e)s, mes Cher(e)s Ami(e)s, je vous souhaite d’excellentes vacances ensoleillées et insouciantes.

Michel GOMEZ

Président du SNCAO

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