Si les créations modernes surprennent et choquent parfois, nos habitudes n’ont pas attendu les années 70 pour connaître de grands bouleversements créatifs. Durant le dernier quart du XIXe siècle, même si on continue de plagier la salle à manger Henri II ou la chambre rocaille, une réaction tout à fait originale prend naissance et se développe…

C’est à l’exposition universelle de 1889 que Gallé fait sa première présentation que l’on considère tellement osée pour l’époque. Il y présente un mobilier inédit qui s’inspire de la nature et qui donnera naissance au « Modern Style » qu’on appellera également « Art Nouveau » afin de mieux se démarquer des styles précédents.

Ils sont nombreux en France à avoir contribué à l’éclosion du style « 1900 ».

L’Ecole de Nancy fut indiscutablement l’épicentre en France où Louis Majorelle, Daum et bien d’autres s’y sont rendus célèbres.

Sculptures et marqueteries sont abondantes, les structures sont fondées sur l’assymétrie, la ligne est sinueuse, ondoyante, la forme et le décor ne font qu’un.

Les sources d’inspiration sont :

  • La nature (la faune, la flore) ;
  • La femme, souvent représentée en femme-fleur ou en femme-sirène.

 

Il est reconnu que les précurseurs de l’Art Nouveau sont anglais. Le souffle nouveau inspiré par Samuel Bing s’est répandu sur toute l’Europe. Il devint le « Jugendstil » en Allemagne, le « Sezessionstil » en Autriche ou le style « Liberty » en Italie.

Paris est cependant plus que jamais la capitale des arts et de la pensée. Les impressionnistes et post-impressionnistes y évoluent avec le bonheur que l’on sait mais l’Europe guerrière mettra un arrêt brutal à la Belle Epoque et à ce florilège d’imagination artistique.

Avec la fin du premier conflit mondial, le monde artistique et culturel est une fois de plus en totale effervescence.

Le « style 25 » s’élabore simultanément dans de nombreuses capitales européennes. Il est aussi nommé « Art Déco » en raison de l’exposition internationale du même nom et qui contribua à son succès. Ce fut une gigantesque fête où s’exprimèrent les années folles après la période noire achevée depuis peu.

Le fauvisme de Braque qui exalte la peinture pure en deux dimensions ou le cubisme de Picasso qui refuse le décoratif au bénéfice d’une vision plus analytique de la forme inspirent le « style 25 ». Toute idée de décoration et d’ornementation est réduite à sa plus simple expression et ne laisse apparaître qu’une représentation symbolique avec des éléments stylisés.

Le mouvement « Bauhaus » en Allemagne, pourtant bien malmené par le fascisme naissant, est considéré comme le creuset des premières tentatives d’esthétique industrielle.

Chez nous, le mouvement « fonctionnaliste » animé entre autres par Le Corbusier amplifie le rejet du décor et de l’inutile.

L’adoption de cette tendance sera reprise après la Seconde Guerre Mondiale et s’accentuera au cours des années 50 puis avec la création du « Design ».

Entre les premières influences et l’adoption par le grand public, les styles ont souvent dû faire preuve de patience avant de bénéficier enfin des faveurs du plus grand nombre.

 

Michel GOMEZ

Président du SNCAO-GA 

 

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