Bien des styles aux caractéristiques singulières ont été portés aux pinacles des modes historiques.

Ce que l’on sait du roman ne change rien à la réalité des églises et la construction des cathédrales.

Puis, ce que l’on nous dit du mode de vie itinérant de la population dominante a favorisé l’éclosion du meuble polyvalent mais n’a pas, pour autant, empêché l’apparition, l’épanouissement et le flamboyant du gothique.

De même que les intérieurs s’aménagent et stimulent l’insatiable besoin décoratif des ornemanistes de la Renaissance.

La première moitié du XVIIe assure à l’ébénisterie des débuts prometteurs.

Louis Dieudonné le XIVe transmet Versailles à la postérité dans un écrin à la mesure de ses royales ambitions ainsi que des nombreux talents qui l’entourent.

Durant la courte période qui suit, la création est régentée. La coquille est en bon ordre, symétrique et la moulure en « coup de fouet » est pleine de charme.

Sous le règne de Louis le « bien aimé » c’est le triomphe de la rocaille et de la ligne courbe qui, bien que torturée, a su s’imposer.

Ces formes tourmentées devront ensuite s’effacer devant le néo-classicisme sublimé par la Grèce antique ou les fouilles d’Herculanum.

Chimères que tout cela quand l’aigle impérial si dominateur plane un temps au-dessus de l’Europe.

Il aura alors fallu les trois glorieuses pour que l’on navigue en siège gondole à tendance col de cygne.

Vient ensuite le charme un peu lourd du meuble « Philippard ». Le roi bourgeois fut le dernier souverain à donner son nom à un style.

« Le temps des cerises » nous propose, en suivant le charme envahissant des velours capitonnés qui ornent confidents et indiscrets et kitsch à l’envie, les décors embourgeoisés.

Vive la belle époque ! qui nous annonce un avenir radieux, c’est l’Art Nouveau et ses formes ondoyantes et évanescentes : c’est le naturalisme.

L’art déco s’en démarquera très vite et sans nuance, par le contraste des couleurs du fauvisme et la géométrie du cubisme. C’est le symbolisme.

L’avant-gardisme s’emploie progressivement à ringardiser hier. Sous l’impulsion de l’U.A.M. (l’Union des Artistes Modernes), la formule dominante sera : « on peut aménager très luxueusement une pièce en la démeublant ». L’option décorative impose des espaces aérés pour des meubles et des objets qui simplifient la vie, souvent ponctuée par un surréalisme déroutant.

Il semble que l’audience du design français soit reconnue même si celui-ci se décline en une multitude de tendances à la reconnaissance assez éphémère.

A bientôt,

 

Michel GOMEZ,

Président du SNCAO-GA

 

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