Le marché de l’art n’est plus en crise, semble-t-il. Cependant, la crise n’a pas épargné le marché de l’art dont les courants traditionnels et les voies communément empruntées de longue date n’ont ni protégé ni préparé les acteurs du marché de l’art contre ce bouleversement.

Une relative stabilité de l’ancien ne parvient pas à compenser la volatilité du contemporain.

En 2008-2009, les pics de bulles spéculatives de l’art contemporain ont culminé avec les ventes record de Damien Hirst, de Jeff Koons, ou de Marc Newson.

La revue Expansion nous dit cependant que « les ventes d’articles à plusieurs millions d’euros ne représentent que 0,15 % du volume du marché global de l’art contre 51 % pour des œuvres de         1 000 € ou moins ».

Cette surprenante annonce doit probablement prendre en compte les innombrables créations issues du recyclage ou de la récupération. Cet effet de mode a pris une telle ampleur qu’il pourrait bien être atteint prochainement d’un effet de saturation.

La récupération est née de la passion d’artistes qui considèrent des rebuts industriels de notre vie quotidienne comme une matière première. Ils affirment ainsi un courant fort des arts plastiques. C’est la revanche des matériaux quelques fois prématurément abandonnés qui peuvent ainsi être réhabilités puis transformés en œuvres originales, fantaisistes, fonctionnelles ou inutiles.

Aujourd’hui, cette surabondance du recyclage semble se perdre dans des idées qui n’en sont plus. Il s’agit souvent du pillage des idées originales d’artistes créateurs par des repreneurs qui ne présentent plus qu’un intérêt très atténué. Des arrangeurs peu scrupuleux proposent ainsi des formes d’objets vaguement déco.

Ce phénomène « récup’ » se réduit, victime de cette surabondance en tous sens, le privant de ce parfum de l’insolite, de l’inattendu et de la rareté.

La déco s’apprécie en termes de sensibilité, et se mesure et s’apprécie par un bon dosage.

La création originale est affaire de graphistes, d’architectes d’intérieur, de designers. Il s’agit là d’une appréciation très vintage de la création. Tous ces créateurs ont vocation à proposer des voies nouvelles sans qu’il y ait nécessairement rupture entre le passé et le présent.

C’est probablement parce que ces créateurs savent aller au bout de leurs impulsions qu’ils nous surprennent et nous fascinent.

 

Michel Gomez

Président du SNCAO-GA

 

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